SNCB : SEULE LA LUTTE PAIE !

Après plusieurs journées de grèves spontanées, les négociations entre syndicats et direction n’aboutissent toujours à aucun accord. La direction fait mine de vouloir négocier, mais ne propose que des modifications minimes. Le Ministre de la mobilité Bellot s’est dit ouvert à la suspension de la circulaire sur les jours de crédit (JC), mais veut d’autres mesures pour accroître la productivité en contrepartie.

« Nous luttons pour plus que les jours de crédits »

Ces grèves spontanées illustrent l’ampleur de la colère et de la frustration parmi les cheminots. Il ne s’agit pas seulement de la circulaire sur les JC mais aussi des nombreuses autres mesures d’austérité souvent imposées unilatéralement : le protocole d’accord social, non soutenu par la majorité du personnel, la concentration des cabines de signalisation et des services administratifs, la réduction des effectifs et l’augmentation de la pression du travail, la fermeture de guichets et de gares, les changements constants de la réglementation qui créent des situations dangereuses, le retrait de l’intégration des retards de trains comme temps de travail et une foule d’autres questions.

Mais les « questions vraiment difficiles » doivent encore venir ! Le « One Man Car », dans lesquels les futurs trains peuvent rouler sans conducteur de train, les pensions, les autres plans de libéralisation du transport national des passagers, etc. Et cela dans un contexte de mesures d’austérité et d’augmentation des impôts systématiques (saut d’index, augmentation de l’âge de la pension à 67 ans, Turteltax, augmentation des droits d’accises,…). A nos piquets de grève, de nombreux individus et délégations syndicales viennent exprimer leur solidarité. Tout le monde est affecté par l’austérité.

Face aux attaques continues, à l’agressivité de la direction et aux discours communautaires : il nous faut un plan d’action !

De plus en plus de gens estiment qu’une journée de grève ou une manifestation, ce n’est pas suffisant pour gagner. L’exemple des contrôleurs aériens et des agents pénitentiaires le démontre. Le 2ème plan d’action des syndicats est maintenant déjà dépassé par toujours plus de préavis de grève et des actions. Les magistrats partent en grève le 2 juin à Nivelles et le 7 juin à Bruxelles, le BBTK (aile flamande du SETCA) – Secteur Social organise une action avec préavis de grève le 10 juin, les travailleurs des TEC sont entrés dans leur 2ème jour de grève le mercredi 1 juin et d’autres secteurs sont susceptibles de suivre.

Ce qui sape la combativité des cheminots est d’une part la pression des punitions de HRRail et d’autre part le manque de mots d’ordre et d’organisation des syndicats du rail.
Ces sanctions équivaudraient à une amende unique de 12,5 € et un avertissement pour faute grave. Si un travailleur reçoit une sanction, il a un délai de 10 jours (week-end non inclus) pour demander conseil. Ne signez donc pas immédiatement !

L’envoi d’un préavis de grève par la CGSP du mercredi au vendredi (1er au 3 juin) pour ensuite le retirer quelques heures plus tard du côté flamand a provoqué encore plus de confusion et a bloqué le mouvement de grève spontanée, bien que la grève était en préparation à Anvers, au dépôt central de Malines, à Turnhout, à Hasselt, en Flandre-Orientale et d’autres lieux.

Jeudi 2 juin, le syndicat socialiste se réunit pour décider d’une position commune. Nous espérons que cela aidera à répondre à la confusion. Nous avons besoin d’un plan d’action spécifique pour organiser une lutte à long terme. Par exemple : un plan d’action composé de grèves de 24h ou 48h reconductibles chaque semaine jusqu’au 24 juin, date à laquelle une grève générale est dores et déjà planifiée avec le secteur public et le secteur privé ! Cela permettrait aux grévistes de respirer un peu financièrement, de tenir plus longtemps et surtout de gagner du temps pour convaincre leurs collègues. Des AG organisées de manière régulières et démocratiques avec l’ensemble du personnel permettraient de communiquer sur les motifs de la grève et mettre au point des revendications claires. Les piquets de grève pourraient être plus massifs et s’étendre à l’ensemble des lieux de travail et des gares. Des délégations seraient chargées d’entrer en discussion avec les autres secteurs pour rejoindre notre combat.

Parce que le gouvernement ne va pas arrêter, il est nécessaire de le faire tomber aussi vite que possible pour stopper les attaques contre les travailleurs et leurs familles !

Nous revendiquons :

  • le retrait complet de la circulaire sur les jours de crédit
  • un arrêt de l’application du protocole d’accord social, non soutenu par la majorité du personnel
  • le rejet des mesures visant à l’augmentation de la productivité sur le dos des cheminots
  • le retrait du plan-Galant
  • l’intégration des revendications centrales des différentes catégories professionnelles
  • aucune sanction ou punition contre les grévistes

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