Charleroi : Solidarité avec les cheminots

Ce vendredi matin, nous sommes allés soutenir le piquet des cheminots en gare de Charleroi. Nous y avons interviewé un délégué afin qu’il nous explique la situation. Après l’interview, en fin d’après-midi, nous avons appris que la direction a suspendu sa décision concernant la gare de triage à Monceau, où des dizaines d’emplois sont menacés. Quelques heures plus tôt, elle avait pourtant préféré menacer les cheminots de sanctions à leur encontre ! C’est donc une petite victoire qui s’est déroulée hier. La bataille est pourtant loin d’être finie car la décision n’est que retardée. Mais les cheminots sont décidés à mettre le temps qu’ils ont gagné à profit pour réfléchir aux prochaines actions à entreprendre, avec par exemple des actions coordonnées avec les cheminots d’Anvers.

Peux-tu nous nous expliquer la situation ?

Hier, nous avons eu une réunion avec nos dirigeants au niveau de Monceau qui nous ont annoncé qu’on allait fortement subir la mise en place du plan de la S.A. Logistics avec des diminutions de poste assez importante au niveau du site. Il faut savoir qu’a Monceau, il y a quand même 62 personnes qui travaillent. Ça inclus des gens de l’atelier, des conducteurs, du personnel de terrain et des administratifs ainsi que quelques agents Infrabel (le gestionnaire du réseau) qui sont chargés des cabines. Leur avenir est sérieusement compromis.

Comment réagissez-vous face à cela ? Quel est votre plan ?

Hier après la réunion, nos responsables sont restés assez flous par rapport au discours qu’ils avaient eu eux-mêmes de la direction et ils n’ont pas voulu nous donner de chiffres. Ils nous ont dit qu’ils les avaient mais qu’il fallait que ce soit avalisé par le conseil d’administration de B-logistics de ce vendredi. Automatiquement, les gens se sont évidemment braqués et sont partis en grève parce qu’ils étaient fâchés et n’avaient pas les réponses qu’ils attendaient sur leur avenir devenu fortement incertain.

Et pour la suite ? Comment vois-tu l’évolution ?

On va vers la fermeture du triage. Il est clair que l’activité du site est fortement compromise vu que l’entretien de wagon ne se fera plus à l’atelier de Monceau. Cela signifie certainement sa fermeture. Ce sera une base Logistics, avec ses conducteurs, mais ils n’ont pas besoin de 40 voies pour faire du triage. Si on enlève le triage sur la première gare de Wallonie, c’est un peu la mort économique qui s’annonce pour nous.

Des cheminots d’Anvers sont présents en solidarité, comment tu vois cela ?

Au niveau d’Anvers, on sait bien que les nouvelles ne sont pas bonnes non plus et qu’on parle aussi d’une diminution des effectifs. Je pense que tout le monde est concerné et c’est très bien que nos collègues anversois viennent nous soutenir en solidarité, ils savent que la situation est difficile pour tous le monde dans le pays au sein de B-freight service et au sein des ateliers d’entretien de wagon.

Un dernier mot ?

Nous attendons les chiffres officiels qui doivent tomber aujourd’hui. Mais nous n’en resteront pas la parce que nous voulons absolument sauver l’outil indispensable qu’est la gare de triage de Monceau. Et nous voudrions, même si nous savons bien que la direction n’en veut pas, une meilleure clés de répartition du travail au sein des sites dans le pays.

Mais il ne faut pas être naïf, la S.A. Logistics est une société privée et, comme toute société privée, elle se débarrasse de tout ce qui n’est pas assez rentable pour elle.

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